Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 20:49

Les façades en pierre

«Avec la pollution, la pierre s'encrasse vite». Le constat de Jean-Marie Ménard, directeur technique chez Zolpan, est incontestable, au grand dam d'ailleurs des architectes qui répugnent à traiter la pierre naturelle. Il est vrai que les produits dont ils disposaient il y a quelques années encore pour réhabiliter la pierre étaient presque aussi dommageables que le mal lui-même.

"Ce n'est plus le cas aujourd'hui" assure J.M. Ménard qui explique que l'arrivée de molécules de fluor ou de silicone a permis la création de produits hydrofuges et, surtout, auto lavables par ruissellement des eaux de pluie. «C'est un traitement invisible, microporeux car non 'filmogène' et qui se nettoie tout seul», dit-il. De quoi rassurer les architectes donc.

 

Il reste néanmoins que les façades en pierre présentent des difficultés à être traitées. Il faut prendre en compte le revêtement, la santé des pierres, matériaux vivants, le type de pierre (poreuse ou non). Enfin, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est souvent nécessaire.

La pollution est l'un des problèmes qui imposent le ravalement des façades en pierre car elle apporte son lot de salissures qui s'accrochent, patinent le matériau et lui donne un aspect grisâtre. Les chocs thermiques peuvent également causer des dégâts et fissurer la pierre ou encore les jointures qui s'affaiblissent, pouvant provoquer le descellement de la pierre, de la brique, voire sa chute. Dernier fléau, qui prévaut désormais dans les grands centres urbains : les graffitis et autres 'tags'.

Dans ce dernier cas, la bonne nouvelle est que les façadiers disposent désormais de produits qui permettent de les retirer assez facilement par hydro gommage ou nettoyage au solvant. Ils peuvent également prévenir les prochaines "agressions" grâce à un traitement à base de produits fluorés, qui repoussent les encres de peintures agressives. Les tags disparaissent alors avec un bon coup d'eau chaude. Seul inconvénient, il faut recommencer le traitement après avoir retiré un graffiti. Le mot ravalement n'est donc pas très adapté à ce nettoyage.

Quant aux autres problèmes, ils sont réglés par des démarches classiques, similaires à ce qui se pratique avec les façades en béton. Tout d'abord, il faut passer par un diagnostic préalable pour connaître l'étendue des tâches qui attendent le professionnel.
Ensuite, il s'agit de préparer la façade par un nettoyage. Pour cette étape plusieurs techniques existent ; la technique adéquate étant déterminée à l'issue du diagnostic. En effet, la pierre étant 'vivante', il s'agit de la traiter en fonction du degré d'encrassement, de son état physique et de ce qu'elle est susceptible de supporter. En effet, on ne traitera pas de la même façon une pierre poreuse ou une pierre dure. Les techniques de nettoyage vont donc du simple coup d'eau froide, assez lent, à la projection d'eau froide ou chaude sous pression (attention aux chocs thermiques), en passant par le sablage fin ou sec, le gommage à sec, l'utilisation de produits chimiques ou des procédés mécaniques tels le grattage ou le ponçage. Pour simplifier, chaque pierre a son propre traitement. Attention toutefois aux documents d'urbanisme qui peuvent interdire quelques-uns de ces procédés pour risque sur l'environnement ou la santé.

 

Viennent ensuite les réparations, les plus flagrantes étant les réparations des joints entre les pierres, par l'intermédiaire de fixant à chaux vives ou par du ciment à pierre. Lorsqu'elle est trop abîmée, le façadier peut être amené à retailler la pierre voire la remplacer. Ce cas de figure peut également se produire pour les façades en briques ou briquettes apparentes. La difficulté est alors parfois de retrouver le matériau d'origine. «Dans ce cas là, nous devons parfois chercher chez des personnes qui font de la récupération», s'amuse Jean-Eric Bosque, responsable de la société France-Façade à Toulouse (31).

Passée cette étape ne reste plus qu'à protéger l'ensemble avec un produit d'imperméabilisation qui limitera par la suite les infiltrations d'eaux de pluies. «Pour les briquettes, nous passons dessus une couche d'eau forte, un produit à base de chaux et mélangé à de l'eau», prend pour exemple Jean-Eric Bosque.

Les maisons en pierre, voire dans certains cas en briques, étant souvent des habitations assez anciennes, situées à proximité de maisons classées, il est plus que probable que l'architecte des Bâtiments de France ait son mot à dire. «Il peut vous imposer de remettre simplement la maison en l'état», explique le professionnel de la région toulousaine. «Si vous voulez un crépi alors qu'il n'y en avait pas auparavant, il le refusera. Si les pierres étaient colorées, il faudra reproduire la coloration initiale».

A noter que dans nombre de régions, la pierre était auparavant dissimulée sous un crépi. Aujourd'hui la tendance est plutôt à rendre à la pierre toute sa noblesse au travers d'une mise en œuvre brossée par exemple. C'est ainsi par exemple que les façades en ardoises en Anjou font un retour remarqué.

Enfin les problèmes d'étanchéité ne doivent pas être négligés. «Chaque bâtiment a ses qualités et les solutions hydrofuges ne marchent pas à tous les coups, notamment pour les façades décorées» explique Marc-Antoine Delbauffe, membre de Syntec-Ingénierie et ingénieur chez OTH Bâtiments.

Partager cet article

Repost 0
Published by sabih
commenter cet article

commentaires